Violences du 17 octobre : 1 500 commerces ont été touchés

le

Les images de vitrines brisées, de magasins pillés et de devantures dégradées témoignent de l’ampleur des violences qui ont frappé le commerce en France au lendemain des manifestations du 17 octobre. Selon la Fédération du commerce et de la distribution (FCD), 1 500 commerces ont été touchés, et les dégâts se chiffreraient à plusieurs centaines de millions d’euros, d’après l’estimation communiquée.

Violences du 17 octobre : 1 500 commerces ont été touchés

Les grandes enseignes face à des dégâts considérables

Le groupe Carrefour fait partie des enseignes directement touchées. Dans une publication sur LinkedIn, Alexandre Bompard dresse un premier bilan : 50 magasins Carrefour sont touchés, dont 19 magasins de proximité et supermarchés pillés et saccagés, notamment à Paris, Rennes, Lille et Bordeaux. Il exprime sa solidarité : « Je me rends ce matin aux côtés des directeurs de nos magasins pillés pour leur exprimer toute la solidarité du groupe Carrefour », écrit-il. Il souligne aussi la mobilisation des équipes, déjà à pied d’œuvre pour remettre les établissements en état et accueillir de nouveau leurs clients.

Le PDG chiffre les travaux à plus de dix millions d’euros pour le groupe. Il indique par ailleurs que des dizaines de salariés de partenaires franchisés pourraient être placés au chômage partiel, et appelle à accélérer les procédures d’indemnisation des commerçants sinistrés.

Le groupe Fnac Darty a lui aussi été touché. Dans une publication sur LinkedIn, Enrique Martinez, directeur général de Fnac Darty, évoque un réveil difficile après une nuit marquée par des intrusions violentes, des dégradations et des pillages dans plusieurs magasins de centre-ville. « Ce matin, nous assistons au spectacle des dégâts matériels et nous sommes tous choqués et tristes », écrit-il. Il exprime sa solidarité envers l’ensemble des commerçants victimes, « grandes enseignes comme indépendants », et qualifie ces violences d’« insupportables et injustifiables ».

Malgré l’ampleur des dégradations, le groupe entend rétablir rapidement son activité. « Nos équipes sauront se mobiliser très rapidement pour remettre les magasins à nouveau en état, continuer à accueillir nos clients », assure le dirigeant, qui remercie ses collaborateurs pour leur engagement.

Le commerce appelle à un sursaut collectif

Thierry Cotillard, président du Groupement Mousquetaires, a exprimé sa colère dans une publication LinkedIn diffusée le soir des violences. « Ce soir, je suis en colère. Profondément. Ce que l’on a vécu aujourd’hui est inacceptable », écrit-il. Il rappelle que « le droit de manifester, de s’exprimer et de défendre ses revendications est fondamental », tout en précisant qu’il « ne donnera jamais le droit de tout casser ». Il insiste aussi sur les conséquences humaines : « Derrière les vitrines brisées, il y a des femmes et des hommes. Des entrepreneurs qui investissent, des équipes qui se lèvent chaque matin, des familles qui dépendent de leur commerce. »

Le 18 octobre, Dominique Schelcher, président-directeur général de Coopérative U, a lui aussi appelé à l’apaisement et à la responsabilité collective. Dans une déclaration publiée au lendemain des violences, il appelle « nos dirigeants et responsables politiques à l’apaisement, au respect mutuel et à la construction urgente d’un projet collectif ». Il met en garde contre la banalisation des violences : « Nous ne devons pas nous habituer à ce que la violence et l’affrontement deviennent notre quotidien. » Et insiste : « Il ne doit pas y avoir un autre 17 octobre. »

Le Conseil du commerce de France réclame des mesures d’urgence

Le Conseil du commerce de France (CDCF) demande au gouvernement de renforcer la protection des commerces et de prendre des mesures face aux pillages. Dans un communiqué publié le 18 octobre 2026, son président, Guy Gras, décrit des professionnels « épuisés, atterrés, dépités » par la répétition des dégradations. Parmi les demandes figurent l’activation en urgence de la cellule interministérielle consacrée à la sécurité des commerces et des « peines planchers pour les récidivistes », ainsi qu’un recours renforcé aux outils numériques de prévention et de protection.

Le CDCF rappelle que les commerces représentent des emplois, des savoir-faire et des services essentiels à la vie des territoires. Serge Papin recevra les fédérations des commerçants, enseignes, artisans et restaurateurs, ainsi que les représentants des banques et assurances, lundi 19 octobre à 9h à Bercy.

Product offers are temporarily unavailable.