Des marchandises dérobées dans les commerces lors des pillages du week-end ont été retrouvées sur des sites de vente en ligne, selon le gouvernement. Réunis au Ministère de l’économie et des finances, Vinted, Amazon, eBay, Leboncoin, Meta et TikTok sont appelés à renforcer leurs contrôles et à aider les enquêteurs à identifier les revendeurs. Un premier bilan de leurs actions est attendu sous 48 heures.
Les pillages qui ont touché des commerces en France les 17 et 18 octobre se prolongent sur internet. Des annonces proposant des marchandises soupçonnées de provenir des magasins dévalisés ont été repérées sur des plateformes de vente. Pour empêcher l’écoulement de ces biens, Serge Papin, ministre chargé du Commerce et des PME, et Anne Le Hénanff, ministre chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique, ont réuni les plateformes, avec les services des ministères de l’Intérieur et de la Justice.
Dans un communiqué, Bercy indique qu’un nombre important d’articles volés ont été identifiés en ligne, sans en préciser le volume. La demande adressée aux entreprises comporte deux volets : empêcher les ventes et contribuer aux enquêtes. Une annonce peut en effet servir à vendre un bien volé, mais aussi fournir une piste pour retrouver la personne qui le détient. La supprimer rapidement ne résout donc qu’une partie du problème.
Repérer les annonces avant que la marchandise ne change de mains
Le gouvernement demande aux plateformes de renforcer leur surveillance et leur modération, c’est-à-dire l’examen des offres publiées et le retrait de celles qui posent problème. Le communiqué cite plusieurs signaux d’alerte : un prix anormalement bas, des lots de produits neufs, la présence d’antivols ou une mention explicite du vol. La vigilance porte aussi sur les annonces d’achat, qui peuvent favoriser l’écoulement de biens volés.
Selon le communiqué, les plateformes se sont engagées à coopérer avec les autorités : repérer et signaler les contenus potentiellement illicites, transmettre les signalements aux enquêteurs et partager les données utiles à l’identification des receleurs. Elles doivent également informer les consommateurs des risques et des sanctions encourues en cas de recel, et transmettre régulièrement un bilan chiffré des annonces retirées. Le délai de 48 heures concerne ce premier bilan, et non le retrait des annonces.
Supprimer une annonce ne suffit pas à retrouver le vendeur
Leboncoin affirme à RTL que toutes ses annonces sont soumises à une vérification automatisée avant publication, complétée par des équipes de modération. Vinted a indiqué à l’AFP avoir renforcé ses contrôles et retiré des offres susceptibles de concerner des biens volés, selon les propos rapportés par Le Parisien.
Pour les enquêteurs, le travail repose sur les informations disponibles : contenu de l’annonce, date de publication, coordonnées associées au compte et, lorsque la transaction passe par le service, éléments relatifs au paiement ou à l’expédition. Le titulaire du compte, le vendeur effectif et l’auteur du vol ne sont pas nécessairement une seule et même personne. Cette distinction compte pour la qualification de recel : l’article 321-1 du code pénal suppose notamment la connaissance de l’origine criminelle ou délictuelle du bien. Une annonce suspecte justifie donc des vérifications, sans suffire à établir la culpabilité de son auteur.
Les commerçants ont aussi un rôle à jouer. Un numéro de série peut permettre de rapprocher un ordinateur proposé à la vente d’un exemplaire déclaré volé. En revanche, la photographie d’un flacon de parfum ne permet généralement pas de le distinguer des autres exemplaires du même modèle. Inventaires, références, quantités et numéros de série, lorsqu’ils existent, peuvent aider à vérifier un lien avec un vol, à condition d’être transmis rapidement au bon interlocuteur. Les fédérations professionnelles pourraient accompagner les commerces qui ne disposent pas d’inventaire détaillé ou d’équipe dédiée.
Une cellule dédiée et un premier bilan attendu
Les mesures évoquées pour aller plus loin, comme la comparaison des offres avec des inventaires volés ou la vérification de certains objets auprès d’un registre accessible aux acteurs autorisés, sont présentées comme des pistes d’analyse. Elles ne figurent pas comme des décisions adoptées dans le communiqué du gouvernement.
Pour suivre la mobilisation, les ministres ont activé la cellule VigE-commerce, chargée de coordonner les services ministériels compétents et de surveiller les ventes sur les plateformes. Ce suivi doit permettre de savoir combien d’annonces ont été retirées et combien de signalements ont été transmis. Bercy ne précise ni les effectifs supplémentaires mobilisés par les entreprises ni les délais de réponse aux demandes des enquêteurs.
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