Abondance vient de publier un livre blanc consacré au GEO, l’optimisation pour la recherche IA, qui fait le point sur 17 sujets de l’année 2026. Il s’appuie sur 47 études et 26 prises de parole d’experts publiées entre janvier et octobre 2026, chacune relue sur sa source. Le constat de départ est clair : les fondamentaux du SEO comptent plus que jamais, alors que la discipline n’a jamais évolué aussi vite.
Le GEO est-il un nouveau métier, ou du SEO rebaptisé ?
Google a indiqué sa position le 15 mai 2026 : optimiser pour la recherche IA, « c’est toujours du SEO ». Les mesures lui donnent en partie raison. Selon Conductor, une page en position 1 est citée par l’AI Overview dans 24,9 % des cas, contre 10,2 % pour une page en position 10.
Une partie des experts conteste pourtant cette lecture. Pour Mike King (iPullRank), « dire que c’est juste du SEO est naïf », et cette formule apporte aux équipes « plus de périmètre, le même budget, aucune autorité supplémentaire ». David Groult (Noiise) la résume ainsi : « GEO = le SEO x la communication ». Ethan Smith (Graphite) se place entre les deux positions : « il y a des différences, mais leur ampleur a été exagérée ».
Les IA lisent-elles vraiment les pages qu’elles citent ?
Sur plus de 1 200 réponses de ChatGPT analysées par Resoneo, à peine plus d’une page récupérée sur 80 est réellement ouverte, et seulement en mode thinking. Le reste du temps, ChatGPT s’appuie sur un extrait de 202 caractères fourni par son index, qui contient le H1 dans 83,6 % des pages citées qui en ont un. Quand le texte complet est utilisé, c’est surtout son début qui compte : selon Kevin Indig, 44,2 % des citations viennent des 30 premiers pour cent du texte, sur 18 012 citations retrouvées dans leur page.
Les robots de ChatGPT, Claude et Gemini n’exécutent pas non plus le JavaScript lorsqu’ils visitent une page à la demande d’un utilisateur, d’après les tests de Resoneo. Le fichier llms.txt, proposé pour guider les IA, n’est pas davantage lu : sur les journaux de six sites analysés par Daniel Roch (SeoMix), aucun des 33 092 passages de robots relevés en avril et mai ne l’a appelé. Enfin, sur 2 096 grands sites testés par HasData, 5,5 % bloquent GPTBot, le robot d’entraînement d’OpenAI, au niveau du CDN ou du pare-feu, alors que leur robots.txt l’autorise.
Mesure et mentions : des réponses encore débattues
Les réponses des IA changent sans cesse. Pour un même prompt, les sources citées ne se recoupent d’un jour à l’autre qu’à 34 à 42 % en moyenne, selon l’université de Saint-Gall. Rand Fishkin (SparkToro) juge qu’on peut suivre la fréquence d’apparition d’une marque « avec rigueur statistique », à condition de répéter les prompts assez de fois. Kevin Indig, lui, estime que le suivi de prompts « tient plus du sondage que du suivi de positions ».
Les experts divergent aussi sur l’intérêt du backlink par rapport à la mention. Pour Julien Bismuth (Getfluence), « le lien garde sa valeur pour Google, mais c’est la mention » qui fait basculer la mention IA en volume. Aucune étude publiée en 2026 ne mesure les deux sur un même corpus.
Enfin, la durée de vie d’une citation semble courte. Profound a suivi 883 000 pages pendant un an sur sept moteurs : une page citée perd en médiane la moitié de sa part de citation 11 jours après son pic.
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