Mettre à jour la version de PHP de son site WordPress permettrait, selon le guide consacré au sujet, d’obtenir à la fois un site plus rapide et une meilleure protection face aux attaques. L’opération ne demande pas de coder, mais elle comporte plusieurs étapes à suivre pour éviter de perturber le site.
PHP est un langage de scripts généraliste et open source conçu pour développer des pages web dynamiques. Avec plus de 71 % de parts de marché, il s’agit du langage de programmation côté serveur le plus utilisé au monde, devant ASP.NET, Ruby et Java. Selon sa documentation officielle, son code « est exécuté sur le serveur, générant ainsi le HTML, qui sera ensuite envoyé au client ». Il sert également de base principale à WordPress.
Le langage suit un cycle de livraison. En moyenne, une nouvelle branche sort chaque année, le plus souvent en novembre-décembre, et la version la plus récente est actuellement la 8.5. Chaque branche est maintenue activement pendant deux ans, avec la correction des bugs et des failles de sécurité. Pendant les troisième et quatrième années, seuls les problèmes de sécurité jugés critiques sont traités. Au bout de 4 ans, la branche atteint sa fin de vie (EOL, End Of Life) et n’est plus maintenue, ce qui l’expose à des vulnérabilités non corrigées. Les branches encore maintenues sont PHP 8.2, 8.3, 8.4 et 8.5.
Pourquoi changer de version de PHP
Le premier avantage concerne la vitesse. Selon la documentation officielle de WordPress, « une mise à jour vers la dernière version de PHP prise en charge peut fournir une énorme amélioration des performances de votre site. Par exemple, certaines versions de PHP sont jusqu’à 3 ou 4 fois plus rapide que la version qui les ont précédées. » Un site rapide compte pour l’expérience des visiteurs, que Google prend en considération via les Core Web Vitals (Signaux web essentiels) pour classer les pages dans ses résultats de recherche. Le géant Amazon a indiqué qu’il perdait 1 % de ses ventes à chaque fois que le temps de chargement de ses pages augmentait de 100 ms.
La sécurité constitue le second argument. Une version de PHP en fin de vie ne reçoit plus de correctifs, et PHP, en tant que langage open source très populaire, est la cible de nombreuses attaques. Le guide cité évoque notamment les attaques par inclusion de fichiers, les attaques XSS (cross-site scripting) et les injections SQL. Enfin, certaines extensions et certains thèmes nécessitent une version récente de PHP. Dans ce cas, le message « Cette extension ne fonctionne pas avec votre version de PHP » s’affiche et l’installation est impossible.
Comment procéder, étape par étape
Avant toute manipulation, il faut sauvegarder son site, par exemple avec l’extension UpdraftPlus, qui permet de planifier des sauvegardes automatiques et de les envoyer vers un stockage distant comme Google Drive ou Dropbox. Il faut ensuite mettre à jour le thème, les extensions et la version de WordPress depuis le menu Tableau de bord > Mises à jour. Pour vérifier la version de PHP actuellement utilisée, il suffit d’aller dans Outils > Santé du site, puis de cliquer sur la section « Serveur » de l’onglet « Informations ».
La compatibilité doit être contrôlée selon la version de WordPress utilisée. WordPress recommande à l’hébergeur de supporter au minimum PHP 8.3. Avec WordPress 6.4 à 6.9, PHP 8.3 devrait suffire, et avec WordPress 6.3, il faut passer à PHP 8.2. Avant la mise en production, il est conseillé de migrer le site sur un environnement local grâce à un plugin de migration comme All-in-One WP Migration, dont la version gratuite est limitée à 512 Mo. Une fois le site installé en local, le choix de la version de PHP se fait lors de la création de l’environnement, via l’option « Custom ».
Pour la mise en production, il faut ouvrir le panneau de contrôle de l’hébergement, en général cPanel ou Plesk. Dans cPanel, le module « Sélectionner une version de PHP » se trouve dans l’encart « Logiciel ». Il suffit ensuite de choisir la version souhaitée dans le menu situé à droite de « Current PHP version ». Enfin, le site doit être testé, notamment en naviguant sur ses pages et avec un outil gratuit comme Google PageSpeed Insights pour mesurer le gain de performance.
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